Vaccination, à l’épreuve des idées reçues

Depuis le début de l’année, 11 vaccins sont obligatoires chez les 0 à 3 ans, mesure ayant fait polémique ces derniers mois. Mais pourquoi cet acte de santé est-il autant controversé ?

Histoire de la vaccination

C’est au XVIIIe siècle, suite à la grande épidémie de variole, que le premier vaccin voit le jour alors que le médecin anglais Edward Jenner s’étonne de ne pas voir les fermières en contact avec leurs vaches contaminées par la “vaccine” (variole bovine faiblement virulente) contracter la maladie. En 1798, en utilisant le pus infecté de ces vaches, il parvient à protéger l’organisme humain et donne ainsi naissance à la vaccination.

Plus tard, au XIXe siècle, le français Louis Pasteur énoncera le principe de la vaccination : « des virus affaiblis ayant le caractère de ne jamais tuer, de donner une maladie bénigne qui préserve de la maladie mortelle » et met au point le vaccin contre le charbon. En 1885, il créera le premier vaccin humain à virulence atténué contre la rage.

Par la suite, de nombreux vaccins seront découverts : tuberculose (1921), diphtérie (1923), tétanos (1927), fièvre jaune (1937), poliomyélite (1954) et jusqu’à récemment (2006-2007) contre les infections à papillomavirus (responsable de cancers du col de l’utérus) ou à rotavirus (à l’origine de gastroentérites chez l’enfant). Les principes de l’immunologie impliqués dans la vaccination permettent aussi aujourd’hui de mettre au point de nouvelles thérapies contre le cancer.

Pourquoi faut-il encore se faire vacciner ?

La vaccination est l’acte de santé publique qui a sauvé le plus de vies dans le monde. Plusieurs épidémies ont été éradiquées (comme la variole en 1976), et la population mondiale est désormais mieux protégée contre ces virus graves et souvent mortels.

Si plusieurs polémiques subsistent quant à la présence d’aluminium dans les vaccins ou encore la survenue de cas de sclérose en plaques suite à l’administration de certains vaccins, aucune relation entre la vaccination et l’apparition d’une maladie n’a été démontrée. Le bénéfice est donc largement supérieur au risque encouru.

La vaccination sauve chaque année 2 à 3 millions d’enfants dans le monde, mais 1,5 million meurt encore chaque année de maladies qui peuvent être évitées par cette simple prise en charge.

Un risque de résurgence des maladies

Suite à ces différentes polémiques, le risque de voir réapparaître certaines maladies par défaut de vaccination est bien réel. En effet, alors que la rougeole était presque éradiquée au début des années 2000 (moins de 50 cas déclarés/an en 2006 et 2007), une résurgence importante de la maladie a été observée à partir de 2008 avec, jusqu’à fin 2014, plus de 23 300 cas déclarés et des décès signalés en Europe. Plus de 1 500 cas ont présenté des complications pneumologiques ou neurologiques et

10 sont décédés.

Se vacciner, c’est un droit individuel, mais c’est aussi un devoir collectif. Le 16 mars 2016, en Belgique, une petite fille de 3 ans décède à la suite d’une diphtérie, par défaut de vaccination, le vaccin contre la diphtérie n’étant pas obligatoire en Belgique. Pourtant, cette maladie très contagieuse par voie aérienne et caractérisée par l’apparition d’une angine à “fausses membranes blanchâtres” peut provoquer la mort par asphyxie. En France, la vaccination est obligatoire chez les nourrissons avec des rappels chez l’enfant puis chez l’adulte, tous les 10 ans.

Les pharmaciens vous vaccinent !

Attention, la vaccination par les pharmaciens en est encore au stade de l’expérimentation. Pendant 3 ans, seuls les pharmaciens volontaires exerçant en région Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle-Aquitaine pourront proposer la vaccination antigrippale à leurs patients. Ces pharmaciens pourront vacciner les personnes adultes âgées de 18 ans et plus, ciblées par les recommandations vaccinales en vigueur, à l’exception des femmes enceintes et des personnes qui n’ont jamais été vaccinées contre la grippe.

À noter : les personnes à risque particulier (terrain immunodéprimé, antécédents de réaction allergique à une vaccination antérieure, patients présentant des troubles de la coagulation) identifiées par le pharmacien lors de l’entretien prévaccinal sont orientées vers leur médecin traitant.